dimanche 4 mai 2008

Je suis un enfant (j'ai un petit peu envie de mourir)

Deja, enfant, j'avais parfois envie de mourir. C'est une attitude tres infantile, d'avoir envie de mourir. Surtout dans mon cas, car ce n'est pas vraiment envie de mourir mais bien envie de montrer aux autres que j'ai remporte la medaille d'or aux JO en tristesse. Comme si apres ca il y allait y avoir la grande reconciliation : le rideau va s'ouvrir sur un autre monde ou un autre moi, ou je serai adulte, mature, et accessoirement, beau, riche, et intelligent. Bien sur, rien de cela ne pourra se realiser et ce n'est pas m'attacher avec une ceinture comme il y a une semaine, me frapper la tete avec un dictionnaire, me jeter dans l'escalier ou ecrire sur une page de mon classeur a destination de mes parents : "je me suis tue parce que vous n'avez pas compris" qui va ameliorer quoi que ce soit.

Ce soir, apres L il y a un mois, c'est L, qui m'a annonce que je ne savais pas gerer les relations libres. Ca a ete dur pour plusieurs choses : d'abord, ca confirme que L n'avait pas dit ca juste pour etre mechante, mais bien parce qu'il y a un fort fond de verite. Ensuite, parce que c'est sans doute vrai. Que ca fait trois ans que c'est vrai. Que ca fait trois ans que je me prends pour un homme, que je crois que je suis grand, que je vis des grandes choses, que je suis different, et que c'est completement faux. Pour finir, d'une ceratine facon, ca ebranle la confiance que j'ai en L et en notre couple : l'ideal Sartre - de Beauvoir se trouve d'un coup loin, bien loin, et a la place, je suis dans un petit couple incestueux ou L prend soin de moi comme d'un enfant, en evitant de me faire mal, ce qui me relegue non pas a la place de l'homme que je convoite, mais a celle de l'enfant.

Et c'est bien comprehensible ! Je suis une grande gueule et je n'ai pas la fibre de mes belles theories :
- Quand L et C se mettent ensemble, je suis incapable de m'y faire. Je le vis mal, je n'en dort plus. Meme pas parce que L me manque, car ce n'est plus le cas, meme en tant qu'amie (si ce n'est que l'ambiance de coloc me manque). Quelque part, je refuse une realite dont je ne suis pas le centre : incapable de reagir en adulte, d'accepter les faits et d'y travailler, je pique ma crise, je me fais du mal, je montre que je suis malheureux, au mieux, je tente une petite manipulation... Pour m'en sortir...
- Quand L me dit que je ne sais pas gerer les relations libres, j'ai juste envie de mourir. C'est comme si le monde autour de moi s'ecroulait. Je me rends compte que je ne suis pas l'adulte que je veux etre, mais juste un enfant. Bien sur, il serait judicieux de reflechir au moyen de s'ameliorer. On pourrait meme se dire quelque chose comme "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" (ca me fait rire, en fait). Mais tout ce temps perdu... Tout ce temps a croire qu'on faisait quelque chose de bien dans sa vie, alors que tout n'etait que l'illusion cree par ses proches pour ne pas nous faire du mal, ou par un heureux hasard. Ca deprime. Alors je me dis que j'ai envie de mourir. Pour m'en sortir...

Je me demande a quel point tout ceci transparait dans mes fantasmes. Nottament dans cette idee si forte de l'ecervelage, de la lobotomie, de l'idee de perdre son soi... Quelque part, je crois qu'il est clair que je suis quelque peu malade. Enfin, oui, malade...

Cette volonte de domination totale sur le monde autour de moi, cette soif de pouvoir, et a contrario, probablement face a l'impossibilite rationelle de l'assouvir, ce desir de ne plus etre, ce suicide orgasmique de la volonte, tout aussi impossible mais tellement savoureux.

C'est terrible, j'ai vraiment l'impression de reculer. Tout s'effondre autour de moi. Je savais que j'avais perdu ma confiance en moi, mais la, c'est dramatique. Je me sens completement ridicule face a tout ce qui m'entoure. Face a L et C, dont j'imagine les conversations a base de "Il ne sait pas gerer des relations libres", "oui, quel gamin, il ne sait pas gerer les relations libres" (tout ca dans un style tres "Dans la peau de John Malkovitch"). Oui j'attache de l'importance a ce que les gens pensent de moi. C'est peut-etre un tort. Tout comme j'ai tort d'attacher tant d'importance a l'idee que je me fais des gens autour de moi.

Mais la, c'est quand meme clair : Loic, le gamin. Si au moins je m'etais mis a nu seulement devant L... Mais je me suis mis a nu aussi devant L, et C, dans une moindre mesure. Je me suis devoile. En cela, je me sens trahi car j'ai toujours eu l'impression d'accpeter de jouer le jeu plus qu'ils ne s'y sont pretes. J'ai chiale devant eux quand Laure est partie. Ils savent qui je suis, je ne suis qu'un gosse a leurs yeux.

Ou Loic decouvre qu'il n'est bien que dans le mensonge.

Oui, car apres tout, c'est dans ces relations ou l'on refuse de se devoiler, qu'on est bien. On peut frimer, on peut donner l'apparence d'etre un adulte. On peut sentir un peu de desir dans le regard de la personne en face. J'encourageais L a se devoiler... J'avais tort : se devoiler, c'est la pire des erreurs. Pour vivre heureux, il faut donner aux autres une image severement controlee de soi. Nous portons de toutes facons toujours un masque. En fait nous sommes meme ce masque, ou cette serie de masques. Ce n'est pas de la manipulation. C'est du theatre ! Que sont les habitus sinon les lois de la scene ? Et que serions nous sans habitus ?

Whatever...

J'avais un probleme avec L et C. Et je n'ai toujours pas de solution. De solution adulte, car bien sur il reste :
- Faire de la coloc un enfer (ca a ete suggere plusieurs fois par L et C, c'est etrange car ca n'a jamais ete mon idee)
- Bouder (j'ai envie de mettre un smiley. Mais en fait ca n'est pas drole du tout).
- Partir (changer de bac a sable).
- Demander aux autres de partir (pourquoi pas etre assiste de l'aide de la maitresse ?).
Bien-sur, ceci est toujours en controverse, nottament le dernier, justifiable par une bonne liste d'arguments). Mais ce n'est pas mon point.

Reste L, sujet de preocupation principal. Je vais mourir (allez, un peu d'humour) quand elle sera avec J. Ca va me faire super mal. Ma jalousie est completement a fleur de peau, elle n'a jamais ete aussi forte. J'imagine ce que les gens pensent de moi, lorsqu'ils voient L et J ensemble. J'ai peur de passer pour un cocu... je sais que cette idee va me faire perdre le sommeil.

Je sais aussi que je veux voir K. Que j'ai aussi envie de passer de bons moments avec elle.

Je sais que la, j'ai envie de tout foutre en l'air. Je sais que c'est gamin. Et cette pensee, au lieu de m'aider a grandir, me donne envie de tout foutre en l'air.

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