Yes, this tastes like Glasgow. I think I post already, in these old good time, a post about socializing.
That's probably the anglo-saxon honesty that can allow people to talk about socializing.
Nous, francais, ne socialisons pas : nous offrons, dans notre grande magnanimite, notre inestimable presence, nos pensees les plus formidables, lors de soirees ou tous ne sont la que pour profiter de notre venue. Treve de plaisanteries. Ca ne s'applique pas a tous. Mais c'est vrai : ca s'applique a moi (faut savoir se rassurer).
Car moi, je ne sais pas faire dans le socializing.
Je comprends pas comment font les autres. Les autres francais tout d'abord. Et ne parlons pas des dieux espagnols. Alors eux...
Moi, je sais pas. Je me retrouve au milieu d'une fete, je connais peu de monde, et la, c'est le debut des emmerdes. C'est pas vraiment que je suis timide ou que j'ai la trouille. Bon, je sens, je sais, que ca va foirer, donc il y a de ca. Mais c'est pas vraiment ca. Je peux aller vers les gens. Je peux dire a une fille "hey, je t'ai entendu, tu parles russe, c'est super, moi aussi, tu viens d'ou ?". Elle va peut-etre avoir l'air enchantee, mais d'ici environ trois phrases, il va y avoir un blanc. Je vais chercher un truc a dire, elle aussi peut-etre. Mais de quoi parler ? De Poutine ? Du Tibet ? De Sartre ? De ma vie pourrie ? De mon amour pour L ? De quoi parler ? A la limite, je pourrai peut-etre trouver. Oui mais il y a ce truc affreux de nos classes de lycee, ce detrousseur des notes de nos dissertations : la transition. Meme si je trouve le sujet, j'essaie de l'aborder comment ? Ajoutez a ca
le bruit, mon physique deplorable ou du moins la deplorable apreciation que j'ai de mon physique... Je sais pas, mais ca passe pas. Y'a un blanc. Une fuite. Et voila, salut.
Faudrait peut-etre que je boive. Ca aiderait peut-etre. Je pensais que je m'amusais sans boire mais a la reflexion j'ai des doutes. Quand je connais les gens, ca va. Quand j'ai eu le temps de battir avec eux une relation longue, ca va, globalement, je sais quoi leur dire. Sinon, c'est la panne. La panne sociale.
Bref, hier, je suis alle a cette petite soiree pour l'anniversaire de M. Et je me suis senti un peu con. Mais j'ai l'habitude. Faudrait que vous, vous qui m'avez parle a cette soiree, ou pas, vous me fassiez un compte-rendu de l'homme que vous avez vu.
Il faudrait que je demande a un realisateur de documentaire d'en faire un sur moi. Pour moi.
Je trouve cette idee geniale.
Un docu sur moi. Me voir, dans l'ecran. Voir ma gueule dans la boite, ma gueule que je ne vois jamais parce que c'est biologiquement impossible. Si elle sourit parfois. Les attitudes qu'elle prend. Me dire : "ah tiens, en voila un beau con". Peut-etre que je n'aurai meme pas besoin des commentaires du realisateur. L'imague suffirait. Mais c'est vrai que les commentaires, ca aiderait. Parce que je suis un peu con, surtout quand ca me concerne si directement. J'imagine : "Nous retrouvons donc L dans le metro. Lui qui est persuade d'etre si different des autres, se fond tres ordinairement dans la masse."
On devrait payer des gens pour ca. Pour se faire faire un reportage sur soi.
Bon, L est arrivee, et c'est a son tour de continuer mon analyse...
To be continued ? (meeting with Mickael ?)
dimanche 13 avril 2008
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